Michel Tremblay - (et la Côte)
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Michel en épousant la fille de Claude Bouchard, le premier colon de la Côte Saint-François-Xavier, éleva une famille de quatorze enfants. Plus heureux même que Pierre, il compta parmi eux neuf garçons.

Tout cette maisonnée vécut à la Côte Saint-François-Xavier où, dès 1677, Michel avait obtenu par son père, de Mgr de Laval, une terre située non loin du Cap Maillard. Les fils de Michel s'établirent pour la plupart à la Baie Saint-Paul même, mais quelques-uns cependant furent attirés au loin, constituant le premier essaim de Tremblay établi dans la région des Grands Lacs. Deux parmi les plus jeunes garçons, Augustin et Ambroise, partirent après leur mariage pour Détroit, où ils vécurent jusqu'à leur mort (3). Quant aux autres enfants de Michel, ils s'allièrent aux Pilote, de Québec, et aux Simard, de la Baie Saint-Paul.

L'entreprise des mâtures intéressa grandement Michel Tremblay. Le désire de la France de tirer du Canada les bois nécessaires à ses chantiers de marine, favorisa l'essor de cette industrie. En 1687, Colbert fit passer au Canada des charpentiers qui visitèrent le pays, afin d'y trouver des bois propres à la mâture et à la construction des vaisseaux. C'est ainsi qu'on découvrit sur les terres de la Malbaie, des pins rouges propres à faire des mâts aux plus forts vaisseaux qui fussent en France. Toutefois, ces arbres, situés à une lieue du fleuve, étaient difficiles à tirer et exigeaient le travail de cinquante à soixante hommes. Par contre, à la Baie-Saint-Paul, on trouva en trois endroits des mâts aussi bons, plus faciles à exploiter, particulièrement près de la mine, au nord-est de la Baie et au-dessus du moulin à scie. « Sans chercher ailleurs, on trouverait dans ces lieux tous les mâts nécéssaires, étant bien meilleurs que ceux des Pyrénées qui sont très cassants et dont la dépense est très considérable ». Afin qu'on puisse juger de leur qualité, cinq moyens mâts de pin rouge, des bordages et des planches, furent chargés à bord du vaisseau « l'envieux », qui fit route vers Rochefort. L'expérience fut jugée satisfaisante, car en 1693, le sieur Noël, écrivain principal de la Marine, partit de Québec avec vingt hommes, afin d'aller hiverner à Baie-Saint-Paul. Ils séjournèrent à cinq lieues dans les terres et préparèrent pour le printemps suivant une cinquantaine de mâts et sept à huit mille espars.

Cest ainsi qu'en 1700, Michel et Louis Tremblay, son frère, passèrent un marché d'ouvrage de mâtures à faire pour le Roi (4). Le prix convenu était de 60 livres pour chaque mât, rendu dans le bassin de la Baie-Saint-Paul. L'Intendant fournissait les bateaux, crics, palans, cabestans et cordages nécéssaires. Les frères Tremblay s'engageaient à aller chercher les mâts à six lieues dans la profondeur des terres, les tirer jusqu'à la rivière et de là, les amener au fleuve. Par la suite, Michel se joignit a Pierre Tremblay, son frère, pour exploiter le moulin à scie construire sur les terres de ce dernier. En 1719, la production de la Baie-Saint-Paul et de la Malbaie permit d'expédier une forte cargaison, comprenant une soixantaine de mâts, six-mille-quatre-cents planches et deux-mille-sept-cents madriers.

La production se ralentit et ver 1724, Michel sollicita la permission d'établir une goudronnerie pour le Roi à Baie-Saint-Paul, depuis la rivière Remy et la rivière des Mares, situé à une lieue et demie du bord du fleuve. Il prévoyait, comme son frère Pierre Tremblay, d'utiliser dans cette étendue « un grand nombre de pins rouge, abattus par le vent depuis vingt-cinq ans ». Il est assisté par ses garçon Michel, Joseph et Antoine. Ce dernier se fera concéder toute la terre qui longe la rivière de la Rémy (5). Cette entreprise du goudron de la Rémy se mainteint de longues années, même si le père décéda en 1728 (6).

Un autre fils de Michel Tremblay, du nom de Louis, sollicita l'autorisation de prendre les débris d'un fourneau à goudron situé au cap Martin, au nord de la rivière du Gouffre, afin d'en élever un autre (7). L'intendant pouvait bien écrire: « Nous avons des raisons d'espérer que cette fabrique augmentera parce qu'il y a toutes les années quelques habitants qui s'instruisent et qui mettent en oeuvre la manière de le faire ». Du rest, on a là l'explication du nom resté attaché à cette partie de la Baie-Saint-Paul: « la Goudronnerie ».

Mais, les Tremblay de La Rémy ne se contentent pas d'exploiter le goudron sur leur terre de la Côte Saint-Lazare. Voici qu-ils entendent s'adonner au sciage du bois a nouveau. A cette effet, Antoine Tremblay a commencé la construction d'un moulin à scie sur la rivière. Malheureusement il a dû l'ériger sur un fonds qui lui appartient pas, mais qui relève toujours du Séminaire. Ce dernier ordonne, le 18 août 1750, la saisie du moulin à scie et du bois déjà coupé. Les discussions autour de cette affaire vont durer de nombreuse années. De fait, les Tremblay n'obtiendrons qu'en 1789 la concession en bonne et du forme de l'emplacement sur lequel subsiste le moulin à scie (8).


3- Voir Rev. Fr. Christian Denisson, Genealogy of the french families of the Detroit river region (1701-1911), The Detroit Society for Genealogical Research, vol. 2, p. 1129.

4- Voir l'acte du 30 octobre 1700, ANQ.

5- Voir les actes du 4 décembre 1742 et du 24 mai 1743, ANQ.

6- Voir l'acte du 22 mars 1728, OI.

7- Voir l'acte du 10 février 1734, OI.

8- Voir Paul Médéric, Messieurs du Séminaire, Ibidem.

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