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Par l'acquisition du fief de la forge de Randonay, Nicolas II du Tremblay prit rang au sein du système féodal. Ses ancêtres avaient toujours tenu cette terre à ferme, mais n'avaient jamais joui que du domaine utile, c'est-à-dire des fruits de l'exploitation. Or, il advint que le seigneur de Tourouvre, qui l'avait possédée jusque là, renonça à l'exploiter. Il est probable que les réparations dont la forge avait besoin l'engagèrent à la céder. En 1619, un contrat de bail à rente foncière fut conclu, par lequel Nicolas Tremblay, père, s'engagea à verser 280 livres tournois de rente, avec faculté de rachat en versant la somme de 5400 livres. En rachetant cette rente, son fils devint non seulement détenteur du fonds, mais également propriétaire du domaine direct, c'est-à-dire du fief. L'aveu qu'il rendit en 1650 au seigneur de Tourouvre en témoigne, puisqu'il reconnaît « être tenu à foi et hommage et à 20 sols de rente inféodée, et le double de rente pour rachat à toute mutation »  (36) . L'acte de foi et hommage rendu au Roi par le seigneur de Tourouvre, en 1656, mentionne le fief de la grosse forge à fer
« lequel Tremblay en est homme, et de présent racheté pour un
vasseur
»  (37) . Vassal du seigneur de Tourouvre, Nicolas II du Tremblay lui devait fidélité. Ainsi il prenait pied dans la hiérarchie féodale, qui voulait que du vassal au suzerain et du suzerain au Roi, toute la société soit unie en la personne du souverain.

Outre la forge cédée par Robert de la Vove, Nicolas II du Tremblay détenait le fief du moulin à blé de Randonay, « tenu à foi et hommage, rachat et cheval de service ». A l'achat des parcelles paysannes s'ajoutaient les terres vendues par les seigneurs de la Ventrouze et de Tourouvre. Ce dernier avait à pourvoir ses fils à l'armée, et abandonnant le Perche, soutenir un train de maison qui fut digne de la cour. Quelques générations plus tard, les puissants marquis de Tourouvre découvriront qu'ils sont ruinés, après avoir dilapidé une fortune considérable. Le sieur de Gaillon bénéficie le tout premier de cet endettement seigneurial. L'aveu de la seigneurie de Randonay en témoigne de manière éloquente: c'est le plus gros propriétaire de terres du pays. Les cens et les rentes qu'il versait: quelques sous, quatre poules, un chapon, n'enrichissaient guère le seigneur de Tourouvre. De plus, il n'était pas une terre paysanne où Nicolas II du Tremblay ne possédât quelque chose. Une première acquisition, bientôt suivie par d'autres venait compléter les terres déjà remembrées: la cour Aubry, la métairie de l'Artoire, celle de la Bonnerie, la terre du contrôleur Crestor, le parc de Belleperche, etc... Il voisinait de toute part. Lorsqu'il acquit de Jeanne Coignet, mère de Pierre Tremblay, une pièce de pré à la Filonnière, celle-ci joignait déjà « dùn côté et des deux bouts audit acquéreur »  (38) .

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- Annex B -
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