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La qualité reconnue aux Tremblay dans les actes publics, traduit leur élévation graduelle. A la troisième génération,  Louis Tremblay est qualifié « d'honnête homme ». A la quatrième,  Nicolas Tremblay est dit « honorable homme ». A la cinquième, Nicolas II est appelé « noble homme », puis « noble », avant de devenir « écuyer ». La voie qu'ils suivent pour parvenir à la noblesse est toute tracée. Sans plus attendre, ils se parent du nom de leurs terres, quoique certaines ne soient que des métairies. L'aîné se dit sieur de Gaillon, ses cadets, sieur de l'Artoire et de la Bonnerie. L'acquisition d'une terre baptisée « le Tremblay », suffit à leur donner une apparence de noblesse. Ainsi naquit la branche du Tremblay! Cette particule n'était rien d'autre qu'un génitif ou un locatif. Les Messieurs du Tremblay devaient bien faire rire sous cape les nobles d'ancienne souche, qui se disputeront bientôt la faveur d'épouser leurs filles. Rassemblés à son de cloche, à l'issue de la messe paroissiale, les habitants firent aussi entendre leurs voix. La noblesse de Nicolas II du Tremblay était un privilège dont ils se seraient bien volontiers privé. L'exemption de la taille  (39) , dont désormais il jouissait, faisait retomber cet impôt sur le reste de la communauté, c'est-à-dire sur les épaules des plus pauvres. Après délibération ils exprimèrent leurs doléances, disant que ce dernier ne devait jouir d'aucune exemption « qu'il prétend être attribuée à son office, attendu qu'il n'en fait aucun exercice ». En outre, la forge « qu'il faisait valoir de ses mains » et l'important trafic de marchandises auquel il se livrait, étaient à leurs yeux incompatibles avec la noblesse. Ils décidèrent de porter l'affaire en justice et à cette fin, élirent un procureur  (40) . On ignore si un arrêt fut rendu, car sur ces entrefaits le sieur de Gaillon mourut, le 6 septembre 1658. Il laissait six jeunes enfants, dont l'aîné n'avait pas onze ans.


34- Acte du 10 février 1641, AO.

36- Acte du 25 avril 1650, NT.

37- Acte du 29 août 1656, AN.

38- Acte du 20 juillet 1649, LM.

39- La taille était un impôt sur les biens roturier, alors que la gabelle était un impôt sur le sel. Voir duc de castries, Histoire de France, des origines à 1970, Laffont, 1971, page 160.

40- Acte du 15 juillet 1657, devant Anthoine Lullier, tabellion résidant à Bressolettes.

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- Annex B -
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