La veuve Roussin - (seigneuresse intérimaire)
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Après la mort de son époux, la veuve Roussin viendra habiter définitivement le manoir seigneurial des Eboulements, faisant donation de la terre de la Petit Rivière à l'un de ses gendres, Jacques de la Voye (29). C'est elle qui assumera le rôle de son défunt mari jusqu'en 1752 sous la surveillance d'Etienne son fils aîné et résident de ladite seigneurie.

Marie Roussin fera de nombreuse concessions de terre durant cette période. Deux ans après la mort de son époux, elle fit don d'une terre à la paroisse des Eboulements, face du Cap à la Branche où l'église en bois fut érigée (30). Le 30 janvier 1739, elle concède une terre à Pierre Gagnon. Le 31 janvier, elle octroie une terre de 6 arpents à Nicolas Tremblay. Le 20 juin 1741, elle concède trois lopins de terre soit à Antoine Bouchard, Joseph Tremblay et à Etienne Tremblay. Le 20 juillet 1741, elle octroie cinq terres, soit à Joseph Tremblay, Etienne Tremblay, Pierre Gagnon, Joseph Gagnon et à Jean Tremblay. Le 26 juillet, jour de la fête de Sainte-Anne, c'est au tour de Louis Girard à se voir octroyer une terre. Le 28 novembre 1743, elle concède une terre au Révérend Louis Chaumont, curé desservant des Eboulements. Le 3 février 1744, elle concède à Joseph Tremblay une terre et le 3 mars elle fait de même à Etienne Tremblay et Joseph Tremblay. Le 3 juin, elle concède trois lopins de terre soit à François Tremblay, à Joseph Gagnon et à Joseph Tremblay. Le 13 novembre 1748, elle octroie une terre à Jean-Baptiste, Etienne et Louis Tremblay.

Les concessions faites à ses fils étaient chargées de « dix sols parisis pour deux messes basses, pour les âmes du purgatoire, à commencer du décès de Marie Roussin, concédante ». Elle désirait ainsi perpétuer le souvenir des fondateurs, et faire prier pour le repos de leur âme. A défaut de l'exécution de ses volontés, la concédante stipulait que la moitié de la concession reviendrait de plein droit à l'église « qui en jouirait comme de son fonds propre, sans aucune formalité de justice ». Ceci revenait à créer une véritable hypothèque sur les fonds concédés, ce qui ne fut pas du goût de ses héritiers. Ils étaient chargées, en outre, de fournir « tous les bois et pierres nécessaires à l'édification de l'église, du presbytère et des autres bâtiments ». Une longue controverse s'ensuivit.

La question des droits seigneuriaux dressa les fils contre leur mère; le problème du partage divisa entre eux les héritiers. En 1751, Marie Roussin déclarait: « qu'elle n'est plus en état de percevoir les rentes qui lui sont dues, chacun s'en emparant à sa fantaisie » (31). Elle se désista l'année suivante et un accord intervint, au terme duquel toutes les concessions faites par elle furent annulées. Le droit de seigneur et propriétaire de la terre et seigneurie des Eboulements fut reconnu à Etienne Tremblay, fils aîné (32).

Quand Marie Roussin fit ses dernières transactions, elle était possiblement atteinte d'une maladie grave car elle rendit l'âme quelque jours après. Elle avait atteint sa 83e année de vie. Elle fut inhumée dans le cimetière paroissial de la Petite-Rivière-Saint-François-Xavier, à côté de son époux. En 1752 dans un acte notarié signé par Maître Michel Lavoie on procède à la lecture du testament de Marie Roussin.


29- Voir l'acte du 28 juin 1752, ANQ, greffe de Michel De Lavoye.

30- Voir l'acte du 27 septembre 1738, ANQ.

31- Voir l'acte du 2 août 1751, APC.

32- Voir l'acte du 21 juillet 1752, ANQ.

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